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Un titre de psychologue ou de psychothérapeute se vérifie dans un registre public

Un titre protégé n'a de valeur que parce qu'il se contrôle. Le contrôle ne se demande pas à la personne : il se fait sans elle, dans des répertoires tenus par l'administration.

La rédaction Publié le 28/07/2026 Mis à jour le 28/07/2026

Trois titres du champ du psychisme sont réservés par la loi : psychiatre, psychologue, psychothérapeute. Leur protection n’est pas symbolique. Elle repose sur une inscription, et cette inscription laisse une trace dans des répertoires administratifs. C’est ce qui distingue en pratique un titre protégé d’un titre libre : le premier se vérifie, le second ne peut que se croire.

Ce billet décrit où et comment se fait cette vérification. Il ne décrit pas les procédures d’inscription elles-mêmes, qui relèvent des textes et changent au fil des réformes.

Une inscription existe derrière chaque titre protégé

Le mécanisme est le même pour les trois titres, avec des autorités différentes.

Le psychiatre est un médecin. Pour exercer, il doit être inscrit au tableau de l’ordre des médecins, conformément à l’article L. 4111-1 du code de la santé publique. Cette inscription est la plus ancienne et la plus facile à contrôler.

Le psychologue doit être titulaire d’un diplôme figurant sur la liste fixée par voie réglementaire, en application de l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985. Il doit aussi faire enregistrer ce diplôme auprès de l’administration sanitaire, qui lui attribue un numéro.

Le psychothérapeute doit être inscrit sur un registre national, tenu par l’agence régionale de santé, en application de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 et du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.

Dans les trois cas, l’inscription est une condition du titre. Une personne qui porte l’un de ces titres sans inscription le porte sans droit.

Les répertoires ont changé de nom

La principale difficulté de la vérification tient à l’évolution des répertoires. Pendant longtemps, de nombreux professionnels de santé et assimilés étaient enregistrés dans le répertoire ADELI, tenu localement par les services de l’État. Un répertoire national unique, le RPPS — répertoire partagé des professionnels intervenant dans le système de santé —, a été progressivement étendu à de nouvelles professions.

Le calendrier et le périmètre de ce basculement ont varié selon les professions. Pour savoir dans quel répertoire figure aujourd’hui une profession donnée, et sous quel numéro, il faut se reporter aux informations publiées par l’administration de la santé au moment de la recherche. Un numéro ADELI mentionné sur une ancienne plaque ou une ancienne page n’est pas nécessairement le signe d’une irrégularité ; il peut simplement dater d’avant la migration.

Les outils de vérification

TitreAutorité d’inscriptionOutil de vérification accessible au public
PsychiatreOrdre des médecinsAnnuaire de l’ordre des médecins ; Annuaire Santé
PsychologueAdministration sanitaireAnnuaire Santé, selon le répertoire en vigueur pour la profession
PsychothérapeuteAgence régionale de santéAnnuaire Santé, selon le répertoire en vigueur ; confirmation auprès de l’ARS

L’Annuaire Santé est un service public en ligne qui donne accès aux données d’identification des professionnels enregistrés dans les répertoires nationaux. On y recherche une personne par son nom, sa profession et sa commune. Le résultat indique la profession enregistrée, et parfois le lieu d’exercice.

L’annuaire de l’ordre des médecins permet de vérifier qu’un médecin est inscrit au tableau et d’en connaître la spécialité.

Pour le psychothérapeute, l’agence régionale de santé qui a procédé à l’inscription reste l’autorité de référence. Lorsqu’une recherche en ligne ne donne pas de résultat clair, c’est auprès d’elle que l’information se confirme.

Lire un résultat sans le surinterpréter

Une recherche dans un répertoire ne répond qu’à une question : la personne est-elle enregistrée sous le titre qu’elle revendique ? Elle ne dit rien d’autre, et quelques précautions évitent les erreurs.

  • L’homonymie est fréquente. Le nom seul ne suffit pas : la commune d’exercice et la profession permettent de s’assurer qu’il s’agit bien de la même personne.
  • L’absence de résultat n’est pas une preuve. Un changement de nom, une inscription récente ou une donnée non publiée peuvent expliquer un résultat vide. C’est alors l’autorité d’inscription qui tranche.
  • Un titre libre ne figure dans aucun répertoire. Chercher un coach, un psychopraticien ou un psychanalyste dans l’Annuaire Santé n’a pas de sens : leur absence est normale et ne constitue aucune irrégularité.
  • Un titre protégé ne dit rien de la méthode. Un psychologue enregistré peut pratiquer une approche ou une autre ; l’inscription garantit le titre, pas le choix de l’approche.

Une plaque ou un numéro affiché ne dispensent pas de chercher

Beaucoup de professionnels mentionnent leur numéro d’enregistrement sur leur plaque, leurs documents ou leur page de présentation. Cette pratique est utile, mais elle ne constitue pas une vérification : un numéro recopié se lit, il ne se contrôle pas tant qu’on ne l’a pas confronté au répertoire.

La démarche inverse est plus fiable. Plutôt que de partir du numéro fourni, on part du nom et de la profession, on cherche dans le répertoire public, et l’on regarde si le résultat correspond. Cette recherche prend quelques minutes, ne suppose aucune démarche auprès de la personne et ne présume d’aucune défiance à son égard. C’est l’usage normal d’un registre public, qui existe précisément pour cela.

Le mot exact compte avant tout

La vérification suppose de connaître le titre revendiqué. Or les présentations commerciales brouillent souvent ce point : « psy », « praticien en psychothérapie », « accompagnement psychologique », « thérapeute » accolé à une méthode. Aucun de ces termes n’est un titre protégé, et aucun ne donne donc prise à une vérification.

La première étape consiste à repérer, dans la présentation détaillée ou dans les mentions de l’activité, le titre exact employé. Si ce titre est psychiatre, psychologue ou psychothérapeute, la vérification a un objet. S’il ne l’est pas, il n’y a rien à vérifier au titre du mot, et les critères à regarder sont d’une autre nature : écrit préalable, objet défini, fin prévue, orientation vers un médecin dès qu’une question de santé apparaît. Ils sont développés dans notre repère sur les titres et professions non réglementées.

Ce que la vérification protège

Porter un titre protégé sans y avoir droit relève de l’usurpation de titre, prévue à l’article 433-17 du code pénal. Mais l’intérêt de la vérification n’est pas d’abord répressif. Il est pratique : une personne qui s’adresse à un professionnel au titre réservé sait qu’une formation définie a été suivie, qu’une autorité en a pris acte et qu’un cadre existe en cas de difficulté.

Ce cadre ne rend aucun professionnel infaillible, et l’absence de titre ne rend aucun praticien dangereux. La différence porte sur l’existence d’un contrôle public, et c’est la seule que le droit permette de vérifier. Le tableau général de ces titres figure dans notre repère coach, thérapeute, voyant : qui fait quoi.

Où vérifier

Informations relevées le 14 septembre 2026.

  • Titre de psychologue : article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, sur Légifrance.
  • Titre de psychothérapeute : article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 et décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, dans leur version en vigueur.
  • Inscription au tableau de l’ordre : article L. 4111-1 du code de la santé publique.
  • Usurpation de titre : article 433-17 du code pénal.
  • Recherche d’un professionnel enregistré : Annuaire Santé, service public en ligne de l’administration de la santé, et annuaire de l’ordre des médecins.
  • Répertoires ADELI et RPPS, professions concernées : informations publiées par le ministère chargé de la santé et fiches de service-public.fr.

Le périmètre des répertoires nationaux évolue. La profession recherchée doit être vérifiée dans le répertoire en vigueur à la date de la recherche, et non d’après une page datée.

Sources

Les références citées dans cette page renvoient au texte en vigueur à la date indiquée.