Chercher un accompagnement à Paris : les titres qui sont contrôlés, et où le vérifier
L'abondance de l'offre parisienne ne se trie pas au jugé. Trois titres seulement laissent une trace administrative consultable, et les institutions qui la détiennent ont, à Paris, une géographie particulière.
La rédaction Publié le 15/10/2026 Mis à jour le 15/10/2026
Paris concentre une densité d’offre d’accompagnement sans équivalent : cabinets, espaces partagés, permanences, annonces en ligne. Cette abondance ne facilite pas le tri, elle le complique. Plus l’offre est large, plus les intitulés se ressemblent, et moins le vocabulaire commercial renseigne sur ce qui est contrôlé.
La question utile n’est donc pas « qui choisir », à laquelle aucun site ne peut répondre à la place de quelqu’un. C’est : quels mots, parmi ceux qui s’affichent, correspondent à une inscription publique consultable, et à quelles institutions parisiennes s’adresser lorsque quelque chose ne va pas.
Trois titres seulement laissent une trace
Dans le champ du psychisme et de l’accompagnement, la réservation par la loi ne concerne qu’une courte liste.
| Titre affiché | Contrôlé par un texte | Ce qui existe comme trace |
|---|---|---|
| Psychiatre | Oui | Inscription au tableau de l’ordre des médecins |
| Psychologue | Oui | Enregistrement administratif du diplôme |
| Psychothérapeute | Oui | Inscription sur un registre tenu par l’agence régionale de santé |
| Coach, coach de vie, coach professionnel | Non | Aucune |
| Psychopraticien, praticien en relation d’aide | Non | Aucune |
| Thérapeute, seul ou accolé à une méthode | Non | Aucune |
| Voyant, médium, astrologue | Non | Les formalités communes à toute activité indépendante |
Le titre de psychologue est réservé par l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 : il suppose un diplôme figurant sur une liste fixée par voie réglementaire, et un enregistrement auprès de l’administration sanitaire. Celui de psychothérapeute résulte de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 et du décret n° 2010-534 du 20 mai 2010, avec une inscription sur un registre régional.
Pour les autres lignes du tableau, il n’y a rien à chercher : leur absence de tout répertoire est la situation normale, et ne constitue aucune irrégularité. Le détail de cette répartition figure dans notre repère sur les titres et professions non réglementées.
L’autorité qui détient le registre est régionale
Premier point spécifiquement parisien, et il déçoit souvent : l’échelon pertinent pour vérifier un titre de psychothérapeute n’est pas la ville, ni même le département. C’est la région. Pour une personne exerçant à Paris, l’inscription relève de l’agence régionale de santé d’Île-de-France, qui couvre huit départements.
L’enregistrement des psychologues suit la même logique d’administration sanitaire. La recherche publique, elle, passe par l’annuaire santé mis en ligne par l’administration : on y cherche une personne par son nom, sa profession et sa commune d’exercice. Pour Paris, la commune de recherche est Paris, sans distinction d’arrondissement — un détail qui fait perdre du temps à qui cherche par quartier.
Le répertoire de rattachement des professions concernées a évolué : ADELI, longtemps tenu à l’échelle locale, a été progressivement remplacé par un répertoire national unique. Le calendrier a varié selon les professions, et un numéro d’ancien format affiché sur une plaque n’a rien d’anormal.
À Paris, la commune et le département se confondent
Deuxième particularité, et elle simplifie plutôt les choses. Paris est à la fois une commune et un département. Les institutions dont l’échelon est départemental couvrent donc exactement le territoire de la ville, sans zone grise de compétence.
C’est vrai du conseil départemental de l’accès au droit de Paris. Ces conseils sont institués dans chaque département par l’article 54 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous la forme d’un groupement d’intérêt public. Leur mission est de recenser les besoins d’accès au droit, de définir une politique locale et de faire connaître les lieux où une information juridique gratuite est délivrée.
C’est vrai aussi de la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités, un des services issus de la réorganisation opérée par le décret n° 2020-1545 du 9 décembre 2020, en place depuis le 1er avril 2021. C’est à ce niveau que sont traitées les questions relatives aux prestataires de formation professionnelle déclarés.
Enfin, le tribunal judiciaire de Paris est la juridiction de droit commun pour les litiges civils, et le parquet qui y est installé est destinataire des plaintes. L’appel se porte devant la cour d’appel de Paris, dont le ressort dépasse largement la ville.
Où poser une question avant de s’engager
L’information juridique générale et gratuite se délivre dans les lieux du réseau point-justice, identifiables par un logo unique et recensés dans l’annuaire du ministère de la justice. Les maisons de justice et du droit en font partie depuis décembre 2020 pour leur volet accès au droit. On y pose une question de principe — ce qu’un contrat engage, quel recours existe — sans exposer son dossier à un professionnel qu’on n’a pas choisi.
Ces lieux ne recommandent pas de praticien et ne délivrent pas d’avis sur une personne. Ils renseignent sur le droit applicable, ce qui est précisément ce dont on a besoin avant de signer.
Ce qui se vérifie quand le titre ne dit rien
Pour tous les intitulés libres — l’essentiel de l’offre parisienne — la vérification change d’objet. Elle porte sur des faits matériels, observables avant le premier échange.
- L’identité de l’entreprise. Toute activité indépendante déclarée dispose d’un numéro d’identification attribué lors de son immatriculation, effectuée depuis le 1er janvier 2023 par le guichet unique électronique des formalités des entreprises opéré par l’INPI.
- L’écrit préalable. Objet, nombre de séances, durée d’engagement, conditions d’arrêt. Une prestation sérieuse se décrit avant d’être vendue.
- La formulation des résultats. Une prestation qui affirme un résultat certain relève de la promesse commerciale, et les pratiques commerciales trompeuses sont visées par les articles L. 121-2 à L. 121-5 du code de la consommation.
- La conduite prévue en cas de question de santé. Un cadre honnête prévoit une orientation vers un médecin. Prendre part habituellement à l’établissement d’un diagnostic ou au traitement de maladies sans en avoir le titre relève de l’article L. 4161-1 du code de la santé publique.
- Le mot exact employé. Laisser croire qu’on est psychologue ou psychothérapeute, y compris par juxtaposition ou par sous-entendu, peut relever de l’usurpation de titre prévue à l’article 433-17 du code pénal.
Aucun de ces points ne suppose de juger une méthode. Ils portent sur ce qui est écrit, affiché et déclaré.
Si quelque chose ne va pas
Le bon interlocuteur dépend de la nature du grief, et non de la réputation de la personne visée.
Une pratique commerciale qui paraît trompeuse relève des services de l’État chargés de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, saisissables par les canaux de signalement publics. Un titre protégé usurpé ou un acte qui relève de la médecine se signale à l’autorité sanitaire et, le cas échéant, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris. Une situation d’emprise peut être portée à la connaissance de la MIVILUDES, mission interministérielle instituée par le décret n° 2002-1392 du 28 novembre 2002 ; un signalement n’est pas une plainte et n’ouvre pas de procédure par lui-même. Les signaux qui justifient de s’en préoccuper sont décrits dans notre repère emprise : les signaux.
Où vérifier
Informations relevées le 20 septembre 2026.
- Titre de psychologue : article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, sur Légifrance.
- Titre de psychothérapeute : article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 et décret n° 2010-534 du 20 mai 2010.
- Usurpation de titre : article 433-17 du code pénal. Exercice illégal de la médecine : article L. 4161-1 du code de la santé publique.
- Pratiques commerciales trompeuses : articles L. 121-2 à L. 121-5 du code de la consommation.
- Conseils départementaux de l’accès au droit : article 54 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Lieux d’information : annuaire des point-justice du ministère de la justice.
- Services départementaux de l’État : décret n° 2020-1545 du 9 décembre 2020.
- Vérification d’un professionnel enregistré : annuaire santé de l’administration de la santé ; annuaire de l’ordre des médecins.
Les coordonnées précises d’une antenne locale, ses horaires et son adresse changent. Ils se prennent sur l’annuaire national de l’institution concernée au moment de la démarche, et non sur une page datée.


